Paris, 11 février 2026 – La capitale française a vibré, ces derniers jours, au rythme d’une colère qui ne cesse de monter. Des manifestations d’une ampleur inhabituelle ont réuni agriculteurs en colère, citoyens patriotes et, fait particulièrement marquant, des militaires – ou du moins des personnels issus de l’univers militaire.
Venus exprimer un ras-le-bol profond vis-à-vis du gouvernement d’Emmanuel Macron et de l’Union européenne. Au cœur des revendications : un **Frexit** immédiat, la destitution du président et la fin d’une Europe accusée de détruire la souveraineté nationale.

Samedi 31 janvier 2026, plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel de **Florian Philippot** et de son parti **Les Patriotes** pour une « Marche nationale pour le Frexit ». Partis de la place du Palais-Royal, les manifestants ont convergé vers la place Vauban, brandissant des drapeaux tricolores et huant le drapeau européen, qualifié par certains de « torchon » ou de symbole d’oppression.

Les slogans ont fusé sans relâche : **« Macron, casse-toi ! »**, **« Macron destitution »**, **« Sortons vite de l’Europe »**, **« Frexit, c’est la paix, Frexit c’est la France »**. Dans une séquence devenue virale, des manifestants ont arraché et déchiré un drapeau bleu étoilé sous les acclamations de la foule. Ce geste symbolique fort a été largement relayé sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux, marquant une rupture symbolique avec Bruxelles.

Mais ce qui a le plus choqué l’opinion publique et les observateurs, c’est la présence visible de personnels en lien avec l’institution militaire. Des vidéos circulant sur les plateformes montrent des hommes, parfois en tenue civile mais revendiquant leur passé ou leur statut militaire, scandant avec la foule : **« Les militaires disent non ! »** ou **« Nous avons signé pour la patrie, pas pour Bruxelles ! »**. Ces déclarations, même si elles émanent d’une minorité et non de l’institution dans son ensemble, ont provoqué une onde de choc.
Un ancien officier, s’exprimant anonymement lors d’un micro-tendu, a déclaré : « Nous avons prêté serment à la France, pas à un gouvernement qui nous envoie dans des conflits étrangers inutiles ou qui laisse détruire notre agriculture et notre industrie au nom d’une Europe supranationale. » Ces mots, inhabituels dans la bouche de militaires ou d’ex-militaires en France, illustrent une fracture profonde au sein même des forces qui garantissent habituellement l’ordre républicain.
La colère des agriculteurs, déjà explosive depuis plusieurs mois, a trouvé un écho puissant dans ce mouvement. Depuis l’automne 2025, les exploitants dénoncent l’accord UE-Mercosur, accusé d’inonder le marché européen de produits agricoles sud-américains à bas coût, sans respecter les mêmes normes environnementales, sanitaires et sociales que celles imposées aux producteurs français. Les blocages d’autoroutes, les opérations escargot et les manifestations sous la Tour Eiffel ou à l’Arc de Triomphe ont marqué les esprits.
Le 31 janvier, de nombreux agriculteurs ont rejoint la marche pour le Frexit, voyant dans la sortie de l’UE la seule voie pour retrouver une politique agricole souveraine. « L’Europe veut notre mort », lançait un céréalier du Bassin parisien au micro de la manifestation. « Entre les normes liberticides, les traités de libre-échange suicidaires et les sanctions écologiques qui nous étranglent, nous n’avons plus le choix : il faut sortir. »
Cette convergence entre monde rural et mouvance patriote souverainiste a surpris par sa puissance. Pour la première fois depuis longtemps, des agriculteurs, des Gilets jaunes historiques, des militants de droite dure et des figures issues de la sphère militaire se sont retrouvés côte à côte, unis par un même rejet de l’exécutif actuel et de l’Union européenne.
Si la grande majorité des militaires français reste fidèle au devoir de réserve et à la neutralité politique, la visibilité de quelques voix dissidentes inquiète les autorités. Le ministère des Armées a rapidement communiqué pour rappeler que « les personnels militaires en activité sont soumis à un devoir de réserve strict et ne peuvent participer à des mouvements revendicatifs ou politiques ». Pourtant, les images circulent et alimentent le débat : l’armée française, pilier de la République, pourrait-elle un jour basculer dans l’opposition ouverte ?
Les observateurs notent que cette tension intervient dans un contexte géopolitique très lourd : guerre en Ukraine, réarmement massif annoncé par Emmanuel Macron (36 milliards d’euros supplémentaires sur 2026-2030), débats sur un éventuel retour d’un service national volontaire… Autant de sujets qui exacerbent les frustrations chez certains militaires, qui se sentent envoyés sur des théâtres d’opérations sans vision stratégique claire ou au service d’intérêts qu’ils ne partagent plus.
À l’Élysée, on minimise officiellement l’ampleur du mouvement, le qualifiant de « regroupement minoritaire manipulé par des partis extrémistes ». Mais en privé, l’inquiétude grandit. Le chef de l’État, déjà fragilisé par une popularité en berne et une Assemblée nationale ingouvernable depuis 2024, voit s’ouvrir un nouveau front : celui de la souveraineté nationale et de la légitimité même de son mandat.
Les appels à la destitution se multiplient, même si les procédures constitutionnelles rendent une telle issue très improbable à court terme. Florian Philippot, principal organisateur de la marche, a martelé : « La seule solution, c’est la destitution de Macron et le Frexit. Nous n’avons plus de temps à perdre. »
La France se trouve aujourd’hui à un carrefour. D’un côté, un pouvoir qui mise sur l’approfondissement européen, le réarmement et une posture de « puissance d’équilibre » dans un monde multipolaire. De l’autre, une colère populaire croissante, alimentée par la crise agricole, l’inflation, l’immigration, la perte de souveraineté perçue et le sentiment d’abandon des classes moyennes et populaires.
Les prochains jours et semaines seront décisifs. De nouvelles manifestations sont déjà annoncées dans plusieurs grandes villes. Les autorités ont renforcé le dispositif de sécurité, craignant des débordements. Mais la détermination des manifestants semble intacte.
Pour beaucoup, cette mobilisation n’est plus seulement une protestation sociale ou sectorielle : elle est devenue une remise en cause globale du système. La question n’est plus de savoir si le Frexit est réaliste économiquement ou juridiquement, mais si une partie croissante de la population française le désire assez fort pour faire basculer le rapport de force politique.