L’Italie au bord de la rupture avec l’Union européenne ? Giorgia Meloni, la Première ministre italienne au tempérament de feu, semble prête à tout pour défendre la souveraineté de son pays face à ce qu’elle qualifie d'”impositions bureaucratiques” de Bruxelles.
Dans un contexte de tensions exacerbées autour de l’immigration illégale et du nouveau pacte migratoire européen, des rumeurs persistantes agitent le Vieux Continent : Meloni aurait exigé la démission immédiate d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.
Une affirmation choc qui, bien que démentie par des sources officielles, reflète les fractures profondes au sein de l’UE.
Mais d’où vient cette tempête politique ? Et quelles en sont les ramifications pour l’avenir de l’Europe ? Plongeons au cœur de cette saga qui pourrait bien redessiner les contours de l’Union.

Tout commence par la crise migratoire qui frappe l’Italie de plein fouet depuis des années. Positionnée en première ligne en Méditerranée, la péninsule italienne fait face à un flux incessant de migrants fuyant les conflits en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 150 000 arrivées ont été enregistrées en 2025 rien qu’en Italie, un chiffre en hausse de 20 % par rapport à l’année précédente.
Giorgia Meloni, élue en 2022 à la tête d’un gouvernement de droite populiste avec son parti Fratelli d’Italia, a fait de la lutte contre l’immigration illégale le fer de lance de sa politique.
“L’Italie n’est pas un terrain de jeu pour les passeurs humains”, a-t-elle déclaré lors d’un discours enflammé à Rome en octobre 2025, marquant le début d’une offensive sans précédent.
Fatiguée des “promesses vides” de Bruxelles, comme elle l’a souvent répété, Meloni a opté pour des mesures drastiques.
D’abord, un renforcement spectaculaire des contrôles en Méditerranée : déploiement de navires de la marine italienne pour intercepter les embarcations de fortune, en collaboration avec la garde côtière libyenne, et création de zones d’exclusion maritime temporaires au large de Lampedusa et de Pantelleria.
Ces actions, qualifiées de “blocus humanitaire” par le gouvernement italien, visent à décourager les départs depuis les côtes africaines tout en sauvant des vies – un équilibre précaire que les ONG comme Médecins Sans Frontières dénoncent comme une “externalisation de la violence”.
Mais le coup de maître, sans conteste, est l'”exportation des frontières” en Albanie. En novembre 2024, un accord bilatéral controversé a vu le jour : l’Italie transfère temporairement des milliers de migrants sauvés en mer vers des centres de traitement en Albanie, un pays non membre de l’UE.
Tirana, en échange d’une aide financière substantielle – environ 600 millions d’euros sur cinq ans –, gère les demandes d’asile sous supervision italienne. Ce modèle, inspiré vaguement des accords UE-Turquie de 2016, est salué par Meloni comme une “solution pragmatique” pour soulager les îles italiennes surpeuplées.
Pourtant, il soulève des questions juridiques : la Cour européenne des droits de l’homme a déjà saisi d’une plainte collective déposée par des associations, arguant que ces centres albanais pourraient violer les principes de non-refoulement.

C’est dans ce climat de défiance que surgit le nouveau pacte migratoire européen, adopté en mai 2024 après des années de négociations houleuses, et pleinement opérationnel depuis janvier 2025. Ce texte ambitieux, porté par Ursula von der Leyen, vise à réformer en profondeur la politique d’asile de l’UE.
Au menu : un mécanisme de solidarité obligatoire entre États membres, avec des quotas de relocalisation de migrants pour les pays refusant de les accueillir, des sanctions financières pour les non-conformes, et une accélération des procédures aux frontières.
Pour l’Italie, pays d’arrivée principal, cela signifie un allègement théorique de la charge – environ 30 000 relocalisations vers d’autres États sur trois ans.
Mais Meloni y voit une “trahison” : des quotas imposés qui, selon elle, “diluent la souveraineté nationale” et forcent Rome à accepter des migrants qu’elle juge irréguliers.
“Ce pacte n’est pas une réponse à la crise, c’est une recette pour l’implosion de l’Europe”, a tonné la Première ministre lors d’une intervention au Parlement italien le 10 janvier 2026, date symbolique où elle a rejeté publiquement le texte.
Ses alliés au sein du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) ont suivi, votant contre plusieurs volets lors des sessions de Strasbourg.
La riposte de Meloni culmine avec cette exigence explosive : la démission immédiate d’Ursula von der Leyen.
Selon des vidéos virales circulant sur YouTube et les réseaux sociaux depuis juillet 2025, la Première ministre italienne aurait lancé un ultimatum lors d’un sommet informel à Bruxelles : “Si l’UE persiste dans cette voie anti-démocratique, von der Leyen doit partir pour laisser place à une Commission respectueuse des nations souveraines”.
Ces affirmations, relayées par des comptes pro-souverainistes, dépeignent une Meloni en guerre ouverte, prête à “déclarer l’indépendance migratoire” de l’Italie. L’image est puissante : une leader charismatique, micro en main, défiant les élites bruxelloises au nom du peuple italien. Mais la réalité est plus nuancée, voire contredite par les faits.
Des vérifications indépendantes, comme celles menées par Les Surligneurs ou Euractiv, démontrent que cette “exigence” est une infox pure et simple. Aucune déclaration officielle n’a été prononcée par Meloni ou son cabinet ; au contraire, les deux femmes entretiennent une relation pragmatique.
Von der Leyen, réélue en juillet 2024 avec le soutien discret de Fratelli d’Italia, compte sur Meloni pour forger des majorités au Parlement européen, tandis que la Première ministre tire profit des fonds européens pour financer ses centres albanais – plus de 700 millions d’euros débloqués en 2025.

Malgré ces démentis, l’affaire révèle les fissures béantes de l’UE.
La motion de censure déposée en juillet 2025 contre von der Leyen, initiée par des eurodéputés d’extrême droite roumains et polonais dans le cadre du Pfizergate (un scandale sur des contrats opaques avec Pfizer), a été rejetée par 456 voix contre 147.
Mais elle a exposé les divisions : la Ligue de Matteo Salvini, allié de Meloni, a voté pour ; Forza Italia, l’autre pilier de la coalition, contre ; et Fratelli d’Italia s’est abstenu, fidèle à sa stratégie d'”influence de l’intérieur”.
Ce “non” italien au pacte migratoire n’est pas une sortie pure et simple de l’UE – Meloni a réaffirmé son attachement à l’euro et au marché unique lors d’un discours à Davos en janvier 2026 – mais un bras de fer pour renégocier les termes.
“Nous ne quittons pas l’Europe, nous la réformons”, a-t-elle précisé, citant l’exemple hongrois de Viktor Orbán, qui bloque régulièrement les aides à Kiev pour imposer ses vues.
Les implications de cette bataille transcendent l’Italie. Pour les nations européennes du Sud, comme la Grèce et l’Espagne, également exposées aux arrivées migratoires, le modèle albanais de Meloni pourrait devenir un blueprint.
Athènes a déjà exprimé son intérêt pour des accords similaires avec la Turquie voisine, tandis que Madrid envisage des partenariats avec le Maroc.
Au Nord, pays comme la Pologne et la Hongrie, champions du souverainisme, applaudissent : des sondages récents de l’institut Ipsos montrent que 62 % des Polonais soutiennent une ligne dure contre l’immigration, alignée sur celle de Meloni.
À l’inverse, la France d’Emmanuel Macron, pilier du centre-droit européen, critique vertement ces “dérives nationalistes”. Lors du Conseil européen de décembre 2025, Paris a poussé pour une application stricte du pacte, menaçant de veto sur d’autres dossiers si Rome persiste dans sa rébellion.
Cette polarisation risque d’affaiblir l’UE face à des défis globaux : le réchauffement climatique, qui accentue les migrations climatiques, ou les tensions géopolitiques en Libye, où les milices contrôlent les routes des passeurs.
Sur le plan intérieur, Meloni sort renforcée de cette crise. Les sondages Ifop pour La Repubblica indiquent un soutien à 55 % pour sa politique migratoire, en hausse de 8 points depuis l’été 2025, malgré les critiques des opposants de gauche comme le Parti démocrate, qui l’accusent de “xénophobie institutionnalisée”.
Économiquement, l’Italie bénéficie d’une croissance modeste de 1,2 % en 2025, dopée par les fonds du Plan de relance européen, mais la dette publique à 140 % du PIB reste une épée de Damoclès.
Meloni mise sur son image de “gardienne des frontières” pour consolider sa base électorale en vue des élections européennes de 2029.
Ursula von der Leyen, de son côté, joue la carte de la continuité : lors d’une conférence de presse le 12 janvier 2026, elle a tendu la main à Rome, promettant un “dialogue constructif” et des ajustements au pacte pour mieux intégrer les réalités méditerranéennes.
Mais les observateurs doutent : la présidente allemande, sous pression de son propre parti CDU, ne peut se permettre de paraître faible face aux populistes.
Au-delà des clivages politiques, cette saga interroge l’essence même de l’Union européenne. Née en 1957 pour prévenir les guerres, l’UE s’est muée en une superpuissance économique, mais peine à forger une identité commune sur des questions sociétales comme l’immigration.
Le pacte migratoire, avec ses 10 règlements et directives, représente un pas vers une “politique commune”, mais il heurte le principe de subsidiarité cher aux souverainistes.
Des experts comme Vincent Couronne, docteur en droit européen, soulignent que “Meloni et von der Leyen ont besoin l’une de l’autre : la première pour muscler sa lutte anti-immigration, la seconde pour bâtir des alliances droitières au Parlement”.
Sans cette complémentarité, l’Europe risque l’implosion : un Brexit italien serait catastrophique, avec une perte estimée à 100 milliards d’euros pour l’économie italienne, selon la Commission.
Pourtant, des lueurs d’espoir émergent. Des initiatives comme le Fonds fiduciaire Afrique-UE, doté de 6 milliards d’euros, visent à investir dans les pays d’origine pour freiner les départs aux racines – éducation, emploi, infrastructures.
Meloni y contribue activement, envoyant des délégations en Tunisie et en Égypte pour des accords de readmission. Si cette “bataille pour la souveraineté”, comme la nomme la presse italienne, mène à une réforme profonde du pacte, elle pourrait renforcer l’UE plutôt que la briser.
Imaginez : une Europe solidaire, où les fardeaux sont partagés sans impositions, et où les frontières externes sont sécurisées collectivement.
En conclusion, la “guerre déclarée” par Giorgia Meloni à l’immigration illégale, et par extension à certains aspects du pacte migratoire, n’est pas une lubie isolée mais le symptôme d’un malaise profond.
L’exigence de démission de von der Leyen, même si elle relève plus du buzz médiatique que de la réalité, cristallise les enjeux : souveraineté nationale versus intégration européenne. Tandis que l’Italie déploie ses mesures en Méditerranée et au-delà, l’Europe retient son souffle.
Qui l’emportera dans cette joute ? Rome ou Bruxelles ? L’avenir des 27 nations – et des millions de migrants en quête d’espoir – en dépend. Restez connectés pour suivre les développements de cette épopée continentale, car dans le tourbillon de la politique européenne, rien n’est jamais acquis.